Chikungunya, paludisme, Mpox à Mayotte en juin 2026 : le point complet

Chikungunya en nette baisse, paludisme local qui s'ancre dans le sud, Mpox importé de Madagascar : le point complet sur la situation sanitaire à Mayotte en juin 2026, d'après le bulletin officiel de Santé publique France.
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Chikungunya, paludisme, Mpox à Mayotte en juin 2026 : le point complet
Point santé du mois de juin 2026 à Mayotte par Jossué Trejo de Pixabay | Le Mahorais

Vous habitez à Mayotte et vous entendez parler de chikungunya, de paludisme ou de Mpox autour de vous ? Vous vous demandez si vous devez vous inquiéter, vous protéger différemment, ou consulter un médecin ? Le bulletin de Santé publique France publié le 5 juin 2026 fait le point sur la semaine 22. Bonne nouvelle sur un front, alerte maintenue sur les autres. On vous explique tout, commune par commune, sans jargon.

Chikungunya : la baisse est réelle, mais le virus circule encore

Après un mois d’avril particulièrement difficile le pic est derrière nous, le nombre de cas de chikungunya confirmés à Mayotte diminue nettement depuis plusieurs semaines.

En semaine 22, 13 cas ont été enregistrés contre 25 la semaine précédente, soit une baisse de 48 %. Le pic avait été atteint en semaine 16 avec 141 cas en une seule semaine. Depuis le début de l’année 2026, 1 333 cas ont été confirmés biologiquement à Mayotte.

Qui est touché ?

Le profil des patients est stable depuis le début de l’épidémie, une majorité de femmes (58 % des cas), avec une exposition marquée des 25-44 ans (37 % des cas). Sur le plan médical, 32 hospitalisations ont été recensées depuis janvier, dont trois formes graves.

Où circule encore le virus ?

Le chikungunya est encore présent dans 7 communes de Mayotte. Mamoudzou concentre le plus de cas résiduels avec 4 cas en semaine 22. Le virus circule également en Petite-Terre, notamment à Pamandzi.

À savoir : Le chikungunya se manifeste brutalement par une forte fièvre accompagnée de douleurs articulaires intenses, touchant principalement les mains, les poignets, les chevilles et les genoux. Si vous présentez ces symptômes, consultez rapidement votre médecin. Pour en savoir plus sur cette maladie, ses formes chroniques et les gestes de protection, consultez notre guide complet sur les épidémies à Mayotte.

Paludisme : alerte dans le sud, la transmission locale ne recule pas

Le signal le plus préoccupant de ce bulletin est que le paludisme à Mayotte n’est plus uniquement importé. Des contaminations ont désormais lieu sur le territoire, dans plusieurs communes du sud de Grande-Terre.

Depuis le début de l’année 2026, 212 cas ont été confirmés. Parmi eux :

Type de casNombreCe que ça signifie
Cas importés129Personnes contaminées avant d’arriver à Mayotte, principalement depuis les Comores
Cas acquis localement70Personnes contaminées sur le sol mahorais
Cas indéterminés13En cours d’investigation

Avec 70 cas de transmission locale recensés en cinq mois, la situation marque un net changement par rapport à l’année précédente. À titre de comparaison, Santé publique France n’avait comptabilisé que 12 cas locaux entre janvier et juillet 2025. Cette reprise de la transmission sur le territoire constitue un signal épidémiologique particulièrement préoccupant.

Les communes les plus touchées

L’analyse géographique est claire : le foyer principal se trouve dans le sud de Grande-Terre. Chirongui concentre 60 cas au total depuis janvier, dont près de la moitié sont des contaminations locales. Dembéni et Bandrélé complètent ce triangle d’alerte, chacune représentant une part significative des cas locaux. À l’inverse, Mamoudzou gère essentiellement un risque importé : sur 52 cas recensés, seulement 2 sont autochtones.

Sur le plan médical, 30 hospitalisations sont survenues depuis janvier, dont 3 admissions en réanimation.

À savoir : Le paludisme est une urgence médicale. Si vous ressentez une forte fièvre dans les jours ou semaines suivant une piqûre de moustique, surtout dans le sud de l’île, consultez immédiatement.

Mpox : le virus circule activement depuis Madagascar

Le Mpox circule à Mayotte par vagues successives depuis le début de l’année. Les introductions répétées depuis Madagascar ont créé des chaînes de transmission locales qui ne s’interrompent pas.

Depuis le début de 2026, 31 cas ont été enregistrés à Mayotte : 13 importés et 18 acquis localement. L’activité a connu une forte hausse fin avril et mai, avec un pic de 7 cas en semaine 20.

Qui est concerné et où ?

Les hommes représentent 67,7 % des cas, avec une prédominance des 25-54 ans (84 % des cas). La cartographie du virus montre une diffusion sur les deux îles : Mamoudzou concentre 11 cas en Grande-Terre, Dzaoudzi 4 cas en Petite-Terre, et Bouéni 5 cas dans le sud.

À savoir : Le Mpox débute par une fièvre accompagnée de douleurs musculaires, suivie d’éruptions cutanées caractéristiques. Si vous revenez d’un séjour à Madagascar et développez ces symptômes, isolez-vous immédiatement et appelez le 15 (SAMU). Pour tout savoir sur les modes de transmission et les gestes de protection, consultez notre guide complet sur les épidémies à Mayotte.

Les gestes de protection essentiels

Face à ces trois pathologies qui circulent simultanément, la protection individuelle reste votre premier bouclier.

MenaceGestes essentiels
Moustiques (chikungunya, paludisme)Appliquez un répulsif cutané homologué matin et soir. Portez des vêtements longs dès le crépuscule. Dormez sous une moustiquaire imprégnée. Éliminez les eaux stagnantes autour de chez vous (pots de fleurs, seaux, gouttières, pneus).
MpoxLavez-vous fréquemment les mains, surtout après un retour de Madagascar. Ne partagez pas votre linge, vaisselle ou vêtements avec une personne malade. En cas de doute, isolez-vous et appelez le 15.

Ce qu’il faut retenir

Le front sanitaire à Mayotte en juin 2026 est contrasté. Le chikungunya reflue, c’est une bonne nouvelle. Mais le paludisme local s’ancre dans le sud de l’île avec une persistance préoccupante, et le Mpox continue de circuler activement, alimenté par des introductions depuis Madagascar.

La protection individuelle reste votre premier bouclier. Et si un symptôme vous inquiète, n’attendez pas : consultez votre médecin ou appelez le 15.

Pour rester informé semaine après semaine, retrouvez les bulletins publiés par Santé publique France et les alertes de l’ARS Mayotte. Et pour comprendre chaque maladie en détail, ses symptômes et les gestes qui protègent, consultez notre guide complet sur les épidémies à Mayotte.

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