Maladies et épidémies à Mayotte : tout ce qu’il faut savoir pour se protéger
Par Le Mahorais le · 6 min de lecture
Vous vivez à Mayotte, vous venez d’arriver sur l’île, ou vous êtes un « je viens de » et vous vous inquiétez pour vos proches restés sur l’île au parfum ? Chikungunya, paludisme, Mpox, dengue, leptospirose : plusieurs maladies circulent à Mayotte tout au long de l’année, avec des pics saisonniers bien identifiés. Ce guide permanent vous explique ce que vous devez savoir sur chacune d’elles, comment vous protéger au quotidien, et quand consulter en urgence.
Pour les derniers chiffres et l’état de la situation semaine par semaine, consultez nos points de situation en bas de page.
Le chikungunya à Mayotte : une maladie à prendre au sérieux
Le chikungunya est une maladie virale transmise par le moustique tigre (Aedes albopictus), facilement identifiable à ses rayures noires et blanches. Ce moustique pique principalement en journée, y compris à l’intérieur des habitations, et se développe dans les eaux stagnantes où il pond ses œufs.
Le chikungunya se manifeste brutalement par l’apparition d’une forte fièvre en quelques heures, accompagnée de douleurs articulaires intenses touchant principalement les mains, les poignets, les chevilles et les genoux. Beaucoup de patients décrivent une douleur si vive qu’ils ont du mal à marcher ou à tenir un objet.
Des maux de tête, une fatigue marquée et parfois une éruption cutanée complètent le tableau. Les symptômes apparaissent en général 4 à 7 jours après la piqûre. La guérison survient en Le chikungunya est une maladie virale transmise par le moustique tigre (Aedes albopictus), facilement identifiable à ses rayures noires et blanches. Ce moustique pique principalement en journée, y compris à l’intérieur des habitations, et se développe dans les eaux stagnantes où il pond ses œufs, mais les douleurs articulaires peuvent persister plusieurs semaines, voire plusieurs mois dans les formes chroniques.
Qui est le plus à risque ?
Les personnes âgées, les femmes enceintes, les nourrissons et les personnes souffrant de maladies chroniques (diabète, insuffisance rénale, maladies cardiaques) sont les plus exposées aux formes graves.
À savoir : Il n’existe pas de traitement spécifique contre le chikungunya. La prise en charge repose sur le repos, l’hydratation et des antalgiques pour soulager la fièvre et les douleurs.
Si vous présentez une forte fièvre accompagnée de douleurs articulaires intenses, consultez un médecin rapidement. Un test biologique permettra de confirmer le diagnostic et d’éliminer d’autres maladies comme le paludisme ou la dengue.
Le paludisme à Mayotte : une menace qui ne vient plus seulement de l’extérieur
Le paludisme est une maladie parasitaire transmise par la piqûre d’un moustique Anophèle, qui pique principalement la nuit. À Mayotte, la maladie est historiquement liée aux flux migratoires depuis les Comores. Mais depuis 2025, une transmission locale s’est réinstallée dans le sud de Grande-Terre, et 2026 confirme cette tendance.
La maladie se signale par une fièvre élevée avec frissons apparaissant par accès, des maux de tête violents, des douleurs musculaires et une fatigue intense. Des nausées et vomissements peuvent s’y ajouter. Les symptômes apparaissent entre 10 et 15 jours après la piqûre. Sans traitement rapide, le paludisme peut devenir grave, voire mortel.
À savoir : Le paludisme est une urgence médicale, donc si vous ressentez une forte fièvre dans les jours ou semaines suivant une piqûre de moustique, surtout dans le sud de l’île, consultez immédiatement.
Les communes les plus touchées
La transmission locale se concentre dans le sud de Grande-Terre, principalement à Chirongui, Dembéni et Bandrélé, les trois communes les plus exposées de l’île, si vous habitez dans ces secteurs, la vigilance doit être permanente.
Cas importés et cas locaux : quelle différence ?
Un cas importé désigne une personne contaminée en dehors de Mayotte avant son arrivée sur l’île, notamment lors d’un séjour dans une zone où la maladie circule encore activement, comme les Comores ou certains pays de la région des Grands Lacs.
À l’inverse, un cas autochtone concerne une personne contaminée directement à Mayotte, sans avoir voyagé dans une zone à risque au cours des semaines précédentes.
Cette distinction est essentielle pour les autorités sanitaires car elle permet de déterminer si les cas observés proviennent de l’extérieur ou si la transmission du paludisme a lieu localement, ce qui constitue un indicateur clé pour évaluer le risque d’une réinstallation durable de la maladie sur l’île.
Le Mpox à Mayotte : un virus à surveiller de près
Le Mpox, anciennement appelé variole du singe, est une maladie virale qui circule à Mayotte depuis début 2026, alimentée par des introductions répétées particulièrement depuis Madagascar générant des chaînes de transmission locales.
À quoi ressemble le Mpox ?
La maladie débute par une fièvre, des maux de tête et des douleurs musculaires, suivis d’éruptions cutanées caractéristiques : des boutons qui évoluent en vésicules puis en croûtes, accompagnés de ganglions enflés. Les symptômes apparaissent entre 5 et 21 jours après l’exposition. La maladie dure généralement 2 à 4 semaines.
Le Mpox se transmet par contact cutané direct avec une personne infectée ou avec des objets qu’elle a utilisés : linge de maison, vaisselle, vêtements. Les contacts sexuels sont également un mode de transmission important.
À savoir : Si vous revenez d’un séjour à Madagascar et que vous développez une fièvre accompagnée d’éruptions cutanées, isolez-vous immédiatement et appelez le 15 (SAMU).
La dengue à Mayotte : même moustique que le chikungunya
La dengue est transmise par le même moustique tigre que le chikungunya et circule à Mayotte de façon régulière, souvent en parallèle d’autres épidémies vectorielles.
Elle se manifeste par une fièvre élevée et brutale, des douleurs musculaires et articulaires intenses, des douleurs caractéristiques derrière les yeux, et parfois une éruption cutanée accompagnée de nausées.
À savoir : Dengue et chikungunya ont des symptômes très proches, seul un test biologique permet de les distinguer.
La leptospirose à Mayotte : le danger après les pluies et les cyclones
La leptospirose est une maladie bactérienne transmise par contact avec de l’eau ou de la boue contaminée par l’urine d’animaux infectés (rats, chiens, bétail). Elle est particulièrement présente après les fortes pluies, les inondations et les cyclones.
Elle se manifeste par une fièvre élevée apparaissant brutalement, des maux de tête et des douleurs musculaires intenses, notamment dans les mollets. Dans les formes graves, une jaunisse ou une atteinte rénale peuvent survenir.
À savoir : Si vous avez marché dans des eaux de pluie ou des zones inondées et que vous développez une fièvre dans les jours suivants, signalez-le impérativement à votre médecin. La leptospirose se traite efficacement si elle est prise en charge rapidement.
Comment vous protéger au quotidien : les gestes essentiels
La protection individuelle reste votre premier bouclier contre toutes ces maladies. Voici les gestes à adopter quelle que soit la saison.
| Menace | Gestes essentiels |
|---|---|
| Moustiques (chikungunya, dengue, paludisme) | Appliquez un répulsif cutané homologué matin et soir. Portez des vêtements longs dès le crépuscule. Dormez sous une moustiquaire imprégnée. Éliminez les eaux stagnantes autour de chez vous (pots de fleurs, seaux, gouttières, pneus). |
| Mpox | Lavez-vous fréquemment les mains, surtout après un retour de Madagascar. Ne partagez pas votre linge, vaisselle ou vêtements avec une personne malade. En cas de doute, isolez-vous et appelez le 15. |
| Leptospirose | Évitez de marcher pieds nus dans les zones inondées ou boueuses. Portez des bottes imperméables pour les travaux en zone humide. Couvrez toute plaie ouverte avant tout contact avec l’eau. |
Je dois retenir quoi, docteur ?
Appelez le 15 (SAMU) ou rendez-vous aux urgences du CHM (Centre Hospitalier de Mayotte) si vous présentez une fièvre très élevée ne cédant pas aux antalgiques, des convulsions ou une perte de connaissance, des difficultés respiratoires, une éruption cutanée généralisée accompagnée de fièvre, ou des signes de déshydratation sévère (absence d’urine, bouche très sèche, confusion).
Santé publique France publie chaque semaine un bulletin de surveillance sanitaire spécifique à Mayotte. Le Mahorais suit ces bulletins et publie régulièrement des points de situation détaillés, traduits en informations concrètes pour les habitants de l’île.



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